A la recherche du rêve américain

De 1991 à 1996, je suis resté sur le circuit européen, en faisant un passage en 1994 sur le circuit américain. Je suis devenu le premier Français à me qualifier pour le circuit US, après avoir décroché une 18e place au Qualifying Tournament. Dans cette catégorie, j'étais réserviste pour tous les tournois et je dépendais du bon vouloir des autres joueurs. Si l'un d'entre eux ne voulait pas s'aligner dans une épreuve, c'était le premier de la Qualifying School qui était le premier réserviste dans les compétitions. Moi, j'étais 18e, il aurait donc fallu que 18 joueurs renoncent au tournoi pour que je puisse y participer ! J'ai donc préféré jouer les petites épreuves, celles où le parcours était réputé difficile ou désagréable.

Je ne connaissais rien aux Etats-Unis et j'ai découvert que j'étais allergique à l'air conditionné. En avril 1994, je suis revenu en Europe pour jouer l'Open du Portugal, afin de sauver ma carte sur le circuit européen. Car aux Etats-Unis, il y a un reclassement au bout de 10 tournois et je n'avais passé qu'un seul cut… Je n'étais plus 18e mais 47e sur 50 ! Dans ces conditions, je ne jouais plus aucun tournoi et cela ne valait pas le coup que je perde mon temps en Amérique, alors qu'en Europe je pouvais jouer semaine après semaine. Cette année-là, j'ai disputé 18 tournois sur le circuit européen, en finissant 80e à l'Ordre du Mérite.

En 1995, j'ai fait une année correcte en terminant 98e à l'Ordre du Mérite, ce qui m'a permis de garder ma carte du circuit. En 1996, malheureusement, je ne me suis pas montré à la hauteur. J'avais des bons résultats à l'entraînement mais en tournois, je ne sortais que des 74. Avec des résultats comme ça, je ne me qualifiais jamais. En fin d'année, je suis repassé par les cartes et ça ne s'est pas bien passé. Pour ne rien arranger, j'étais malade et j'ai donc logiquement raté les cartes.

Le temps des vaches maigres

En 1997, je me suis donc retrouvé sur le Challenge Tour, qui n'est autre que la deuxième division… Financièrement, il y avait un énorme écart avec des gains 10 fois, voire 20 fois moins élevés. A l'époque, je n'avais pas autant de sponsors qu'aujourd'hui. Tout l'argent que j'avais accumulé lors des précédentes saisons a été dépensé en 1996 et 1997. Début 1998, je n'avais plus rien sur mon compte en banque… En plus, ma femme était enceinte et j'avais acheté un petit appartement à Châtillon. Les temps étaient vraiment durs à ce moment-là. En 1997, parallèlement au Challenge Tour, je m'étais mis à enseigner pour arrondir les fins de mois, car sinon, je ne m'en sortais pas. Cette année-là, je ne jouais pas trop mal en faisant des Top 10, mais je ne gagnais pas de tournois. Fin 1997, j'étais dans une situation critique sur le plan financier et je suis allé voir mon grand-père qui m'a proposé 100 000 francs si je n'avais pas de sponsors à la fin de l'hiver. Mais j'ai réussi à remporter un tournoi en Nouvelle-Calédonie. Un succès qui m'a rapporté environ 110 000 francs et je n'ai donc pas eu recours à la solution envisagée par mon grand-père !