Mes débuts professionnels

Finalement, je suis passé pro à 20 ans et j'ai entamé une carrière de sportif de haut niveau comme plusieurs membres de ma famille. Mon grand-père a fait une carrière professionnelle en vélo, alors que mon père a joué en première division en hockey sur gazon et en deuxième série en tennis. Mais je ne me suis jamais senti obligé de rester dans cette lignée familiale, car mes parents m'ont toujours laissé la possibilité de faire ce que je voulais. Ma décision de passer professionnel s'est faite naturellement: quand on arrive à un niveau amateur, à un certain moment on ne progresse plus car les golfeurs qu'on affronte ne sont pas plus forts que vous. La seule façon de s'améliorer, c'est de passer professionnel. Je me suis lancé dans le grand bain le 20 septembre 1988.

Mon premier tournoi était une compétition réservée aux moins de 25 ans. Dès le premier jour, j'étais en tête, ça m'a rassuré. J'ai dû finir aux alentours de la 11e place. J'étais vraiment content car j'ai gagné de l'argent dès ma première semaine pro. La semaine suivante, j'ai disputé un tournoi du circuit français, où j'ai finis à la 24e place. Je me souviens que ces deux tournois se déroulaient sur Paris. Cela m'avantageait car je n'avais pas de frais et je restais chez mes parents. Avec l'argent que j'avais gagné, j'ai racheté la voiture de mon père, ce qui me permettait de me déplacer plus facilement pour disputer les compétitions.


Ma première victoire sur le circuit

Deux semaines plus tard, j'ai remporté mon premier tournoi chez les pros: le PGA France en 1988. Je me suis inscrit ensuite aux cartes de qualification du circuit européen. A l'époque, 50 joueurs décrochaient leur carte du circuit et je me suis retrouvé à égalité à la 47e place. Je suis parti en play-off avec 16 ou 17 joueurs, pour seulement 3 élus, et je me suis retrouvé au 52e rang au départage. J'ai donc loupé ma carte pour deux places… Mais cela m'a tout de même permis de jouer quelques tournois du circuit européen en 1989, en même temps que le circuit français. Cette année-là était celle de l'apprentissage. Je franchissais le cut et le fait d'arriver à me qualifier au plus haut niveau européen m'a donné confiance. Mais j'ai perdu ma carte en fin d'année. En 1990, je me suis retrouvé sur le circuit français et aussi sur ce qu'on appelle maintenant le "Challenge Tour" (un circuit satellite avec des petits tournois). J'ai d'ailleurs réussi à remporter une épreuve cette année-là: le National Omnium.

En fin d'année, j'ai eu ma carte du circuit européen. En 1991, j'ai effectué ma première année entière sur l'European Tour, avant de remporter le Championnat de France l'année suivante.